
On a tous tendance lorsqu’on est lancé dans un projet à avoir un peu la tête dans le guidon. Et parfois, on relève la tête et on se dit « Quoi?! Ca fait déjà tout ce temps! ».
Cet article est d’abord un exercice personnel, où je me force à faire un point d’étape. Mais je me suis dis que ça valait le coup de mettre tout ça par écrit.
Pourquoi « 8 mois après » ?
En fait, cet article n’est pas vraiment une idée que je viens d’avoir : j’avais prévu de faire un article « Station F – 1 mois après », puis « 3 mois après »… Après avoir loupé les 6 mois, je me suis dis qu’il était temps quand même de lever le stylo et de voir le travail accompli.
C’est quelque chose qu’on oublie souvent et qui pourtant est primordial pour piloter un projet : on ne peut rien prévoir, « forecaster » (pardon my English!) si on n’a aucune vision du passé.
J’avais aussi envie de partager avec cet article avec un maximum de monde ce qu’est Station F. Moi-même, je n’avais pas trop d’info avant d’y arriver, et c’est pourtant un lieu qui mérite d’être connu, que vous soyez « start-uppeur » ou simple curieux.
Alors concrètement, entrer à Station F, ça change quoi ?
A vrai dire, on réfléchit un peu avant de répondre à cette question. Non pas parce que cela n’a pas changé grand chose (au contraire !), mais parce que les premiers changements sont d’abord en termes de perception, externe et interne :
- Station F est un label. Il est vu comme une marque de reconnaissance du travail accompli, à la fois par vos pairs et vos proches. Personnellement, parmi mes proches, très peu savent ce que je fais mais tout le monde sait que je suis à Station F
- Entrer à Station F renforce votre projet de société et la cohésion de votre équipe. Bien sûr on y croyait tous déjà avant, mais là, c’est quelque chose de concret
Pourtant, entre la veille d’intégrer Station F et le lendemain, rien n’a vraiment encore changé : le chiffre d’affaires n’a pas explosé, les millions n’ont pas afflué sur votre compte, et vous ne tutoyez pas les grands de la Silicon Valley.
Mais, vous entrez dans un momentum, où beaucoup de choses s’accélèrent.
Un Momentum : des prises de conscience successives
Vous êtes confrontés à des start-ups extrêmement différentes de la vôtre : vous découvrez des industries différentes, des business models différents, des étapes de développements différentes, des modes de management différents, des modes de communication différents.
On a tous la prétention d’être le meilleur dans ce qu’on fait. Nous, personnellement, c’était la tech. On est une boîte de développeurs qui fait une solution pour développeurs.
Mais c’est surtout nos faiblesses dont on a pris conscience. En fait, on était nuls en pas mal de choses.
Du diagnostic à la (aux) solution(s)
On est nuls en SEO : on rencontre des sociétés pour lesquelles c’est primordial de figurer en 1ère position.
On est nuls en communication : on découvre des sociétés dont la croissance repose exclusivement sur leur stratégie de communication sur les réseaux sociaux.
On est nuls en recrutement : on découvre des sociétés qui ont industrialisé leur processus de recrutement parce que c’était vital pour eux.
Et on découvre que tout cela, c’est primordial et vital pour nous aussi !
Il y a un fonctionnement sous forme de « Guilds » à Station F : des réunions mensuelles régulières réunissant des start-ups d’horizons différents. Cela participe de cette prise de conscience sur nos insuffisances et nous force à les verbaliser et les analyser.
Mais c’est aussi une source de potentielles solutions : on s’apporte mutuellement nos expertises.
Et cela ne s’arrête pas aux guilds : cela peut se dérouler à la machine à café, au déjeuner ou au nouvel an iranien (j’en sors à l’instant !).
Une Cartographie de nos faiblesses pour réorienter notre stratégie
On passe notre temps à vendre les réussites de notre boîte : auprès de nos clients, en roadshow auprès des investisseurs, auprès de nos partenaires et auprès de nos proches. Mais en réalité, on ne prend jamais le temps de verbaliser publiquement ce qui ne va pas, ce qui fonctionne mal.
En fait, intégrer Station F vous pousse à cartographier vos faiblesses et à les réintégrer dans votre stratégie. Plus rien ne peut être un détail ou accessoire si l’on veut maintenir un projet collectif ambitieux.
Ce qu’il nous reste à réaliser : faire grandir notre équipe, atteindre le seuil de 15 personnes et devoir quitter (à regret) Station F 😉
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